Partir à l'étranger

Bénévolat à l'étranger : chantiers, volontariat et pièges

Deux jeunes bénévoles tiennent une plante en pot

Un chantier de trois semaines avec une association coûte quelques centaines d’euros, voyage en plus. Un séjour vendu comme « mission humanitaire » par une agence peut coûter bien plus, sans que l’argent aille au projet. Avant de choisir, regardez qui organise, qui paie quoi et ce que vous ferez sur place.

On parle de bénévolat pour les séjours courts sans indemnité, et de volontariat pour les missions longues encadrées par un contrat, comme le VSI ou le service civique.

Les chantiers internationaux

Un chantier réunit des bénévoles de plusieurs pays autour d’un projet local, par exemple la restauration d’un bâtiment ou l’entretien d’un site naturel. Chez Concordia, les chantiers durent en général deux à trois semaines, avec environ cinq heures de travail par jour. Le reste du temps est libre. L’association d’accueil vous loge et vous nourrit, parfois sous la tente ou dans une famille.

En France, le réseau Cotravaux rassemble les associations qui organisent ces chantiers. Ses membres nationaux sont le Club du Vieux Manoir, les Compagnons Bâtisseurs, Concordia, Études et Chantiers, l’Union REMPART, Emmaüs France, la Fédération unie des auberges de jeunesse, Jeunesse et Reconstruction, le Service Civil International et Solidarités Jeunesses. Concordia, Jeunesse et Reconstruction et Solidarités Jeunesses envoient aussi des bénévoles à l’étranger, en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique latine.

Les chantiers « ados » accueillent les mineurs : Concordia en propose à partir de 15 ans.

Ce que coûte un chantier

Les tarifs publiés en octobre 2026 donnent une bonne idée.

Chez Solidarités Jeunesses :

  • adhésion obligatoire de 15 € par an ;
  • 165 € d’inscription pour un chantier adulte à l’étranger, 185 € pour un chantier ados ;
  • 235 € pour un volontariat long terme ;
  • selon les projets, des frais sur place de 0 à 500 € par mois, versés à l’association d’accueil.

Chez Jeunesse et Reconstruction, l’adhésion coûte 15 € par année civile et l’inscription se situe en général entre 150 et 200 € pour un projet court ou moyen, plus 35 € pour un mineur. Pour un an de volontariat dans le programme long terme, comptez de 4 200 à 6 500 € selon le pays, assurance et petite indemnité comprises.

Dans tous les cas, le voyage, le visa et les vaccins restent à votre charge. Faites le total avant de vous inscrire : adhésion, inscription, frais sur place, billet, visa, vaccins et assurance. Certaines CAF, comme celle de l’Allier, remboursent une partie de l’inscription et du voyage aux jeunes : demandez à la vôtre avant le départ.

Partir sans payer : CES et service civique

Le Corps européen de solidarité est la seule formule où l’Union européenne paie le voyage, le logement et les repas, avec de l’argent de poche, pour les 18-30 ans. Concordia y inscrit aussi des équipes de volontaires de 18 à 30 ans.

Le service civique peut se faire à l’étranger, entre 16 et 25 ans, avec une indemnité mensuelle. Les conditions et les pièges sont détaillés dans notre page service civique.

France Volontaires et le VSI

France Volontaires est la plateforme française du volontariat international d’échange et de solidarité. Elle rassemble l’État, des collectivités et des associations, et travaille avec le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Son site recense les offres et ses Espaces Volontariats accueillent les volontaires dans 23 pays, surtout en Afrique et en Asie.

Le volontariat de solidarité internationale (VSI) s’adresse aux adultes qui veulent partir longtemps. La mission dure de 12 à 24 mois, avec une association agréée par le ministère. Le volontaire touche une indemnité mensuelle non imposable et a droit à la protection sociale et au billet aller-retour. Une indemnité de réinstallation est versée au retour. En 2024, 1 562 volontaires sont partis en VSI, d’après le Fonjep, surtout à Madagascar, au Cambodge et au Sénégal.

JSI et VVVSI : partir en groupe entre 15 et 25 ans

Les deux dispositifs existent toujours en 2026. Le Fonjep les gère pour le ministère des Affaires étrangères et a publié son calendrier de dépôt pour l’année. Jeunesse et solidarité internationale (JSI) et Ville vie vacances solidarité internationale (VVVSI) financent des projets collectifs de 4 à 16 jeunes de 15 à 25 ans, montés avec une association partenaire dans un autre pays. VVVSI est réservé aux jeunes des quartiers prioritaires de la politique de la ville.

Le projet passe par une association « marraine », qui aide à monter le dossier et apporte la garantie financière. Contactez-la au moins cinq mois avant la date limite de dépôt. En 2024, 156 projets ont été financés, pour 1 266 jeunes. D’après Euroguidance, les pays les plus choisis sont le Sénégal, le Maroc, le Togo, Madagascar et le Cameroun.

Le volontourisme : ce qu’il faut refuser

Des agences vendent des séjours « humanitaires » d’une ou deux semaines, souvent dans des orphelinats ou des refuges pour animaux. Le prix sert surtout à payer l’agence. La loi française du 4 août 2021 a nommé la pratique : appeler « volontariat » ou « bénévolat » une activité payante à but lucratif, dont l’argent ne finance pas le projet, relève du dol au sens du code civil. La loi définit ces activités comme du volontourisme.

Ne partez pas dans un orphelinat. L’UNICEF au Népal explique que beaucoup d’enfants placés en orphelinat ont au moins un parent en vie, et que certains sont séparés de leur famille pour attirer volontaires et donateurs. Le passage de bénévoles qui restent quelques jours aggrave leur sentiment d’abandon. L’UNICEF demande aux bénévoles qui ne sont pas des professionnels de l’enfance de reconsidérer ces missions, et de soutenir plutôt les organisations qui aident les enfants à rester dans leur famille.

Le Better Care Network va plus loin dans une note publiée en décembre 2024. Le volontourisme en orphelinat fait vivre des structures qui recrutent des enfants pour en tirer profit, ce qu’on appelle le trafic d’orphelinat. L’Australie le classe comme une forme d’esclavage moderne. La même loi française de 2021 oblige les organismes qui envoient des bénévoles auprès de mineurs à vérifier leur casier judiciaire.

Avec les animaux, la règle est simple. World Animal Protection conseille d’éviter tout lieu où l’on peut câliner, promener ou photographier des animaux sauvages. Choisissez une structure qui soigne pour relâcher, et demandez où va votre argent. Sans réponse claire, passez votre chemin.

Assurance et santé

À l’étranger, Solidarités Jeunesses exige une assurance accident, rapatriement et responsabilité civile, qu’elle propose pour 20 € par mois. Dans l’Union européenne, prenez aussi la carte européenne d’assurance maladie. Hors d’Europe, vérifiez les vaccins demandés et la couverture des frais médicaux : notre page sur l’assurance santé à l’étranger détaille les options. Pour les papiers, voyez les formalités avant le départ.

Questions fréquentes

Peut-on faire du bénévolat à l’étranger avant 18 ans ?

Oui. Les chantiers ados de Concordia commencent à 15 ans, comme les projets JSI et VVVSI. Jeunesse et Reconstruction ajoute 35 € aux frais d’inscription d’un mineur.

Existe-t-il du bénévolat à l’étranger gratuit ?

Le Corps européen de solidarité couvre le voyage, le logement et les repas. Pour les chantiers associatifs, vous payez l’inscription et le transport, mais le logement et les repas sont fournis.

Comment reconnaître une agence de volontourisme ?

Elle vend un forfait cher sans dire quelle part revient au projet, promet du contact avec des enfants sans vérifier votre casier et propose des séjours d’une semaine. Une association de chantiers publie ses tarifs, demande une adhésion et vous met en relation avec un partenaire local. Pour un séjour à l’étranger avec un salaire, voyez plutôt le job d’été à l’étranger ou le séjour au pair.

Sources

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