Partir au pair : pays, argent de poche, contrat et visa

Une famille vous loge et vous nourrit, vous gardez ses enfants quelques heures par jour et vous touchez de l’argent de poche. Le séjour au pair est l’une des façons les moins chères de vivre un an à l’étranger et d’y apprendre la langue. Les règles changent beaucoup d’un pays à l’autre : lisez-les avant de choisir une famille.
Où partir au pair
D’après le CIDJ (article publié en avril 2025), les destinations les plus fréquentes en Europe sont l’Angleterre, l’Irlande et l’Espagne, suivies de l’Allemagne, de l’Italie, des pays nordiques et des Pays-Bas. Hors d’Europe, les États-Unis arrivent en tête.
L’Angleterre figure encore dans cette liste, mais depuis le Brexit les Français ne peuvent plus travailler au Royaume-Uni sans visa, et le Youth Mobility Scheme britannique ne concerne pas la France. Un programme d’échange jeunesse entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, qui couvrirait aussi le séjour au pair, était encore en négociation en mars 2026 selon le service de recherche du Parlement européen. Vérifiez où il en est avant de répondre à une famille anglaise.
Dans l’Union européenne, en Norvège et en Suisse, vous n’avez pas besoin de visa. Ailleurs, il faut un visa payant, à demander au consulat du pays concerné (Service public, fiche vérifiée le 10 décembre 2024).
Âge et durée
Le cadre de référence est l’Accord européen sur le placement au pair, signé au Conseil de l’Europe en 1969. Il fixe l’âge entre 17 et 30 ans et limite le premier séjour à un an, prolongeable jusqu’à deux ans au total.
Service public le cite pour le Danemark, l’Espagne, l’Italie et la Norvège, avec des variantes : 29 ans maximum et 18 mois de séjour au Danemark, jusqu’à deux ans en Norvège. Pour les autres pays, la règle générale est de 18 à 30 ans, avec une durée qui va de l’été à 6, 9 ou 12 mois selon la loi locale et la famille.
En Allemagne, le portail fédéral des familles indique une tranche de 18 à 27 ans et un séjour d’environ un an. Aux États-Unis, il faut avoir entre 18 et 26 ans (Département d’État américain).
Dans les faits, le CIDJ relève une durée moyenne de 10 mois. Les séjours de 3 à 6 mois existent mais sont rares.
Argent de poche et heures de travail
Vous n’êtes pas salarié : vous êtes logé, nourri et vous touchez de l’argent de poche, dont le montant dépend du pays.
- En Europe, le CIDJ donne une fourchette de 250 à 750 € par mois (2025).
- En Allemagne, la famille verse 280 € par mois et ajoute 70 € par mois si vous suivez un cours d’allemand (familienportal.de, consulté en 2026).
- Aux États-Unis, le minimum est de 195,75 dollars par semaine, soit environ 170 € (Cultural Care et AuPairCare, 2026).
Pour les heures, l’accord européen prévoit en général 5 heures de travail par jour au maximum, au moins un jour de repos complet par semaine, dont un dimanche par mois, et du temps libre pour suivre des cours de langue. L’Allemagne fixe 6 heures par jour et 30 heures par semaine, avec un jour de repos et 4 semaines de congés pour un contrat d’un an. Aux États-Unis, la limite est de 10 heures par jour et 45 heures par semaine.
Notez dans le contrat ce qui se passe si la famille vous demande plus d’heures que prévu.
Logement et vie dans la famille
Vous vivez chez la famille. L’accord européen demande une chambre individuelle « si possible », et vous partagez les repas. Les tâches couvrent la garde des enfants, un peu de ménage et souvent l’aide aux devoirs.
Le CIDJ décrit une journée type : réveil des enfants à 7 h, petit-déjeuner, trajet vers l’école, puis garde de 16 h 30 jusqu’à 20 h environ.
Contrat et assurance
Dans les pays qui appliquent l’accord européen, un contrat écrit est obligatoire. Signez-le avant le départ, ou au plus tard pendant la première semaine sur place. Il fixe l’argent de poche, les horaires, les jours de repos et les tâches. Ailleurs, il n’est pas toujours exigé, mais Service public le recommande partout.
Le préavis de fin de séjour est en principe de deux semaines, des deux côtés.
En Europe, emportez votre carte européenne d’assurance maladie. Vérifiez aussi votre couverture pour le rapatriement, l’hospitalisation et la responsabilité civile. En Allemagne, la famille doit payer l’assurance maladie et accident. Pour toutes les démarches à faire avant de partir, voyez notre page sur les formalités avant le départ.
Partir au pair aux États-Unis
Les États-Unis ont un programme encadré par le Département d’État. Vous partez avec un visa J-1 et vous passez obligatoirement par un organisme agréé, appelé sponsor, qui sélectionne les familles, vous forme à la garde d’enfants et vous suit pendant le séjour.
Les règles fédérales :
- 12 mois, avec une prolongation possible de 6, 9 ou 12 mois ;
- au moins deux semaines de vacances payées par an et un week-end complet libre par mois ;
- six crédits universitaires à valider sur place, avec une participation de la famille jusqu’à 500 dollars (environ 430 €) ;
- un bon niveau d’anglais oral et le diplôme de fin d’études secondaires.
Chez Cultural Care, il faut aussi 200 heures d’expérience de garde d’enfants et le permis de conduire. Les frais de programme à votre charge démarrent à 1 850 €, payés après le choix de la famille, et couvrent l’assurance maladie (culturalcare.fr, consulté en 2026). Pour un séjour d’études ensuite, lisez notre page sur les études aux États-Unis.
Où trouver une famille
Vous avez deux options : passer par une agence ou chercher seul sur une plateforme.
Avec une agence, c’est l’organisme qui choisit la famille. Le CIDJ estime les frais à 130 à 200 € pour l’Europe et à 300 à 800 € pour l’Australie, les États-Unis ou la Nouvelle-Zélande. Pour les États-Unis, l’agence est obligatoire.
Sur les plateformes, vous menez la recherche vous-même, sans intermédiaire. AuPairWorld est gratuit pour les au pairs, et les familles prennent une inscription Premium payante. AuPair.com fonctionne sur le même principe de mise en relation directe.
Pièges et arnaques
Une famille qui vous demande d’avancer de l’argent, pour un billet, un visa ou des frais d’agence, est presque toujours une arnaque. AuPairWorld et AuPair.com donnent la même consigne : n’envoyez jamais d’argent à l’avance à quelqu’un que vous ne connaissez pas.
AuPair.com conseille de ne pas répondre aux familles qui vous écrivent en dehors de la plateforme. AuPairWorld recommande de demander une pièce d’identité, voire un extrait de casier judiciaire, et de contacter les au pairs qui ont déjà vécu dans la famille. Faites au moins un appel vidéo avant de vous engager. Si quelque chose vous paraît bizarre, arrêtez l’échange et signalez le profil au support.
Questions fréquentes
Peut-on partir au pair après 26 ans ?
Oui en Europe, où l’accord européen va jusqu’à 30 ans, sauf au Danemark (29 ans). L’Allemagne s’arrête à 27 ans. Les États-Unis n’acceptent pas les au pairs au-delà de 26 ans.
Faut-il parler la langue du pays ?
Des bases suffisent dans la plupart des pays, et elles sont attendues surtout en Espagne et en Italie selon Service public. Les États-Unis demandent un anglais oral correct. Vous suivrez des cours sur place. Pour vous préparer avant, regardez le séjour linguistique.
Que faire si cela se passe mal avec la famille ?
Respectez le préavis habituel de deux semaines. Si vous êtes passé par une agence, prévenez-la en premier. Si vous avez trouvé la famille seul, vous repartez sur la plateforme. Une assurance qui couvre l’hébergement en cas de changement de famille vous évite de payer un hôtel entre les deux.
Sources
- Service public : travail au pair d’un jeune Français à l’étranger (vérifié le 10 décembre 2024)
- Conseil de l’Europe : Accord européen sur le placement au pair, STE n° 68
- CIDJ : le pair, c’est quoi ? (avril 2025)
- Familienportal (gouvernement fédéral allemand) : règles du séjour au pair
- Département d’État américain : programme au pair J-1
- Cultural Care Au Pair : conditions pour les au pairs
- AuPairCare : argent de poche des au pairs aux États-Unis (mai 2026)
- AuPairWorld (page d’accueil en français)
- AuPairWorld : sécurité
- AuPair.com : conseils contre les arnaques
- Parlement européen, service de recherche : relations UE–Royaume-Uni et mobilité des jeunes (mars 2026)


