Job d'été à l'étranger : visas, salaires et où chercher

Un job d’été à l’étranger se joue souvent sur le statut avant le CV. Dans l’Union européenne, un Français travaille sans permis et peut partir dès qu’il a une offre. Hors d’Europe, il faut un visa vacances-travail ou un programme dédié, et ces démarches prennent des semaines. Commencez donc par la destination, puis cherchez le poste.
Dans l’Union européenne : pas de permis, les règles du pays
Un citoyen de l’UE n’a généralement pas besoin de permis de travail dans un autre pays de l’Union, selon le portail officiel Your Europe. La plupart des citoyens de l’UE n’en ont pas besoin non plus en Suisse. Le Liechtenstein est l’exception : il limite par quotas le nombre de personnes qui y résident et travaillent.
Sur place, vous relevez du droit du travail du pays d’accueil. EURES rappelle que vous devez être traité comme un salarié national pour le salaire, les horaires, le licenciement, la santé et la sécurité. Le salaire minimum local s’applique donc à vous.
Les écarts sont importants. Au 1er juillet 2026, d’après Eurostat, le salaire minimum mensuel brut était de :
- 2 391 € en Irlande ;
- 2 343 € en Allemagne ;
- 2 338 € aux Pays-Bas ;
- 2 234 € en Belgique ;
- 1 867 € en France ;
- 1 425 € en Espagne ;
- 1 073 € au Portugal et en Grèce ;
- 1 050 € en Croatie.
Pour l’Espagne, le Portugal et la Grèce, qui versent 14 salaires par an, Eurostat ramène le montant sur 12 mois. Un poste bien payé à Dublin ne laisse pas forcément plus d’argent en fin de mois qu’un poste en Croatie avec logement compris : regardez le loyer avant le salaire.
Le Royaume-Uni n’est plus dans l’UE. Un job d’été outre-Manche demande un visa, ce qui ferme la porte à la plupart des contrats de deux mois.
Hors UE : PVT et visa J-1
Le programme vacances-travail (PVT)
La France a signé 15 accords de PVT, d’après Euroguidance France : Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Corée du Sud, Équateur, Hong Kong, Japon, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Taïwan et Uruguay. Le visa dure un an, sans prolongation. Il est ouvert de 18 à 30 ans, et jusqu’à 35 ans pour l’Argentine, l’Australie et le Canada.
Il faut aussi ne pas avoir déjà eu de PVT dans le pays, ne pas avoir d’enfant à charge, une assurance privée et des ressources à l’arrivée. Euroguidance cite environ 2 500 CAD (environ 1 700 €) pour le Canada et 5 000 AUD (environ 3 000 €) pour l’Australie. Un PVT est un projet d’un an. Pour un seul été, il revient cher.
En Australie, le travail agricole a un intérêt de plus. Trois mois de « specified work » (88 jours) en région, par exemple la récolte ou l’emballage de fruits et légumes, ouvrent droit à une deuxième année de visa, selon l’office du tourisme australien. Le travail bénévole et le travail payé au noir ne comptent pas. Gardez vos fiches de paie.
Le J-1 Summer Work Travel aux États-Unis
Ce programme du Département d’État américain s’adresse aux étudiants inscrits à temps plein dans un établissement d’enseignement supérieur hors des États-Unis, qui ont validé au moins un semestre. Il se déroule pendant les vacances universitaires et dure quatre mois au plus.
Vous passez obligatoirement par un sponsor agréé, listé sur j1visa.state.gov. La France fait partie du programme d’exemption de visa (Visa Waiver Program) : vous pouvez partir sans job réservé à l’avance, à condition de prouver au sponsor que vous avez de quoi vivre pendant la recherche. Les jeunes des autres pays doivent avoir un poste trouvé et vérifié par le sponsor avant le départ.
Les secteurs qui recrutent pour une saison
L’hôtellerie-restauration embauche en nombre : serveurs, commis, plongeurs, réceptionnistes dans les zones touristiques, de la Croatie à l’Irlande. L’anglais suffit souvent dans les grands hôtels, moins dans un restaurant familial.
L’animation recrute dans les campings et les clubs de vacances. Une expérience auprès d’enfants ou un diplôme d’animation aide à sortir du lot.
L’agriculture recrute pour les cueillettes et les vendanges, de la fin d’été à l’automne en Europe. Les parcs de loisirs embauchent pour toute la haute saison, souvent dès le printemps. L’hiver, les stations de ski en Suisse, en Autriche ou au Canada cherchent du personnel pour les remontées, la location de matériel et la restauration.
Où chercher
Le portail EURES publie des offres de toute l’Europe. Vous pouvez y déposer un CV en ligne, consultable par les employeurs. Près de 1 000 conseillers EURES accompagnent les candidats, dans le pays de départ comme dans le pays d’arrivée.
En France, EURES est porté par France Travail. Son service France Travail International propose Activ’international : un conseiller mobilité vous suit à distance jusqu’à trois mois, avec un rendez-vous en ligne par semaine. Le site francetravail.fr agrège aussi plus de 2 000 offres à l’international chaque jour. L’aide financière EURES TMS vise des contrats d’au moins six mois : un job d’été n’y ouvre pas droit.
Pour le J-1, ne passez que par un sponsor de la liste officielle. Pour un PVT, la demande se fait sur le site d’immigration du pays concerné, pas auprès d’un intermédiaire.
CV, contrat et logement
Rédigez le CV dans la langue du pays et à ses normes. Un CV américain n’a pas la forme d’un CV britannique, et un CV allemand a ses propres codes : voyez nos modèles d’exemple de CV anglais, de CV en allemand et de CV en espagnol. France Travail propose aussi des ateliers pour écrire un CV en anglais ou en allemand.
Demandez un contrat écrit. EURES le conseille : l’employeur devra alors respecter les conditions écrites. Vérifiez le salaire, les horaires, la durée et la couverture sociale.
Beaucoup d’employeurs saisonniers logent leur personnel, parce que les stations et les zones touristiques n’ont rien à louer en pleine saison. Demandez si le logement et les repas sont retenus sur la paie, et pour combien. Faites-le écrire dans le contrat.
Impôts et sécurité sociale
Dans l’UE, vous cotisez en général à la sécurité sociale du pays où vous travaillez, et vous n’êtes affilié qu’à un seul régime à la fois. Une fois affilié, vous avez accès aux soins comme les assurés locaux.
Pour l’impôt sur le revenu, Your Europe indique que vous restez normalement résident fiscal de votre pays d’origine si vous séjournez moins de six mois par an à l’étranger. Le pays d’accueil peut quand même prélever l’impôt à la source sur votre salaire. Les conventions fiscales entre pays évitent en principe la double imposition. Gardez vos fiches de paie pour votre déclaration en France.
Les arnaques à repérer
En France, exiger de l’argent d’un candidat en échange d’un placement est puni de six mois de prison et 3 750 € d’amende (article L. 5324-1 du Code du travail). Une offre qui demande des « frais de dossier » pour vous obtenir un poste est suspecte, d’autant plus si elle vient d’une messagerie ou d’un réseau social.
Le cas du J-1 est différent : les sponsors agréés facturent leur programme. Vérifiez seulement que le sponsor figure sur la liste du Département d’État. Méfiez-vous des offres sans adresse précise ou payées très au-dessus du minimum local. Ne laissez jamais votre passeport à un employeur. Le Département d’État a une ligne pour signaler les abus aux participants J-1 : 1-866-283-9090.
Questions fréquentes
À quel âge peut-on partir faire un job d’été à l’étranger ?
Dans l’UE, la majorité suffit pour un contrat classique. Avant 18 ans, chaque pays a ses propres limites. Le PVT est ouvert de 18 à 30 ans (35 ans pour l’Argentine, l’Australie et le Canada). Le J-1 Summer Work Travel demande d’être étudiant.
Quand commencer à chercher ?
Pour un été en Europe, les parcs de loisirs et les hôtels recrutent dès le printemps. Pour le J-1 ou un PVT, comptez plusieurs mois : le sponsor, le visa et l’assurance prennent du temps. Pour une saison d’hiver, cherchez à la fin de l’été.
Peut-on partir sans parler la langue ?
Oui dans les postes où l’anglais suffit, en cuisine, en plonge, à la cueillette ou dans les grands hôtels internationaux. Le contact client dans un restaurant local demande la langue du pays.
Faut-il déclarer son salaire étranger en France ?
Si vous restez résident fiscal français, oui : la France peut imposer vos revenus mondiaux. La convention fiscale avec le pays de travail évite de payer deux fois. Si vous partez aussi pour un stage, lisez notre guide du stage à l’étranger.
Sources
- Eurostat, salaires minimums mensuels, données au 1er juillet 2026 (earn_mw_cur)
- Eurostat, Minimum wage statistics
- Your Europe, permis de travail
- Your Europe, impôts sur le revenu à l’étranger
- EURES, guide des droits des travailleurs saisonniers
- EURES, vivre et travailler en France
- France Travail, mobilité internationale
- France Travail, Activ’international
- Euroguidance France, Programme Vacances-Travail
- Département d’État américain, J-1 Summer Work Travel
- Tourism Australia, deuxième année de Working Holiday visa
- Code du travail, article L. 5324-1


