Assurance santé pour étudier ou faire un stage à l'étranger

Votre couverture santé à l’étranger dépend de deux choses : le pays où vous partez, et le fait que vous soyez payé ou non sur place. En Europe, l’Assurance maladie française vous suit le plus souvent grâce à une carte gratuite. Hors d’Europe, elle ne rembourse qu’une partie des soins urgents, et certains pays refusent le visa sans assurance privée.
La carte européenne d’assurance maladie (CEAM)
La CEAM sert dans les pays de l’Union européenne, de l’Espace économique européen, en Suisse et au Royaume-Uni. Elle prouve vos droits à l’Assurance maladie française, et vos soins sont pris en charge selon les règles du pays où vous êtes. Selon le pays, vous n’avancez pas les frais, ou vous les avancez et un organisme local vous rembourse.
Elle couvre les soins devenus nécessaires pendant le séjour : une fracture au ski, une angine qui ne passe pas. Un soin que vous aviez prévu avant de partir n’est pas couvert. Elle ne prend pas en charge le rapatriement en France.
Demandez-la au moins 15 jours avant le départ, sans justificatif :
- depuis votre compte ameli, rubrique « Mes démarches » ;
- par téléphone au 36 46 ;
- dans un point d’accueil de votre caisse.
La carte est valable 2 ans au plus, et jamais au-delà de la fin de vos droits à l’Assurance maladie. Si vous partez dans moins de 15 jours, votre caisse délivre un certificat provisoire de remplacement, valable 3 mois, qui s’utilise de la même façon. Carte perdue ou volée sur place : appelez le +33 1 84 90 36 46.
Si vous n’aviez pas la carte, ou si un soin n’a pas été pris en charge sur place, payez et gardez les factures. Au retour, faites la demande dans votre compte ameli ou avec le formulaire S3125.
Erasmus et études en Europe
Un étudiant inscrit en France qui part étudier dans un autre pays européen reste couvert par l’Assurance maladie française, avec la CEAM. Le jour où vous travaillez dans le pays d’études, vous passez au régime de sécurité sociale local.
Un accident pendant un cours à l’université d’accueil, dans le cadre d’un échange comme Erasmus, compte comme un accident du travail. C’est votre établissement en France qui le déclare.
Pour le Royaume-Uni, ameli distingue deux cas. Pour moins de 6 mois d’études, pas de visa ni de surtaxe santé (l’Immigration Health Surcharge, IHS), mais la CEAM est obligatoire. Pour 6 mois ou plus, il vous faut un visa et vous payez l’IHS. Un étudiant à temps plein qui ne travaille pas et possède une CEAM valable tout le séjour peut demander le remboursement de l’IHS dans l’année qui suit le début de son visa.
Stage à l’étranger : tout dépend de la gratification
Pour un stage à l’étranger, le Cleiss fixe le seuil à 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale. En 2026, cela fait 4,50 € de l’heure, soit 661,50 € pour un mois de 147 heures.
Si vous n’êtes pas payé, ou si votre gratification reste sous ce seuil, la protection française contre les accidents du travail est maintenue pour 6 mois au plus par année d’enseignement dans le même organisme. Il faut une convention de stage signée par vous, l’école et l’entreprise. En cas d’accident, prévenez l’école dans les 24 heures. Elle le déclare à la CPAM dans les 48 heures.
Au-dessus du seuil, vous perdez la couverture française des accidents du travail. Selon la durée, le salaire et le pays, la loi locale peut vous traiter comme un salarié et vous affilier à sa sécurité sociale. Demandez à l’entreprise d’accueil, avant de partir, si elle vous déclare et ce que cela couvre. Si la protection locale ne suffit pas, le Cleiss conseille la CFE ou un assureur privé.
Pour les soins courants en Europe, la CEAM reste la démarche à faire avant un stage, quelle que soit la gratification.
Hors d’Europe : soins urgents seulement
Hors d’Europe, l’Assurance maladie peut rembourser au retour les soins urgents et imprévus, sans y être obligée. Le médecin-conseil décide s’il y avait urgence. Le remboursement se calcule sur les tarifs français, souvent loin du prix payé aux États-Unis ou au Canada. Le rapatriement sanitaire n’est jamais pris en charge.
Pour les études, ameli pose une règle d’âge et de durée. Avant 20 ans, ou pour moins de 6 mois, vos soins urgents peuvent passer par la caisse de vos parents, à condition de revenir au moins une fois en France pendant l’année universitaire. Après 20 ans, ou au-delà de 6 mois, vous devez vous inscrire au régime étudiant du pays, ou à défaut à sa sécurité sociale.
Le Québec fait exception grâce à une entente avec la France. Demandez à votre caisse le formulaire SE 401-Q-106 pour un échange, ou SE 401-Q-102 si vous vous inscrivez directement dans une université québécoise. Ensuite, inscrivez-vous à la RAMQ.
La Caisse des Français de l’étranger (CFE)
La CFE est une assurance volontaire pour les Français qui vivent hors de France. Son offre JeunExpat vise les moins de 30 ans. Elle couvre les frais de santé partout dans le monde, et en France pour les séjours de moins de 3 mois. La CFE ne demande pas de questionnaire de santé. Si vous adhérez avant le départ ou dans les 3 mois qui suivent votre installation, vous êtes couvert sans délai de carence.
Vérifiez sur cfe.fr ce qui est remboursé dans votre pays : les conditions d’hospitalisation et de remboursement changent selon la destination. La CFE ne remplace pas l’assurance exigée pour un visa quand le pays impose son propre produit.
Les pays qui imposent une assurance
En Australie, le visa étudiant (subclass 500) est soumis à la condition 8501 : vous devez avoir une Overseas Student Health Cover (OSHC) pendant tout votre séjour. Sans preuve de cette assurance, la demande de visa est refusée. L’OSHC doit commencer au plus tard une semaine avant le début des cours. Pour tout le reste, voir étudier en Australie.
Aux États-Unis, pour un visa J-1 (échanges, stages), le règlement fédéral 22 CFR 62.14 fixe un minimum : 100 000 $ de frais médicaux par accident ou maladie, 50 000 $ pour l’évacuation sanitaire, 25 000 $ pour le rapatriement du corps, et une franchise de 500 $ au plus. Pour un visa F-1, chaque université fixe ses propres exigences.
Au Canada, le gouvernement fédéral ne paie pas les frais médicaux des étudiants étrangers. La couverture dépend de l’endroit où vous habitez : renseignez-vous auprès de l’établissement qui vous accueille.
Rapatriement, responsabilité civile et mutuelle
Ni la CEAM ni l’Assurance maladie ne paient un rapatriement sanitaire. Seul un contrat d’assistance le fait. Avant d’en acheter un, lisez les garanties de votre mutuelle et de votre carte bancaire : certaines incluent une assistance, souvent limitée en durée de séjour.
La responsabilité civile paie les dégâts que vous causez à d’autres personnes, par exemple un dégât des eaux chez votre propriétaire. Votre contrat en France ne vous suit pas toujours à l’étranger pour un long séjour. Demandez-le par écrit à votre assureur.
Ne résiliez pas votre mutuelle avant de partir en Europe : elle peut compléter ce que le système local laisse à votre charge. Appelez-la pour savoir si elle couvre les soins à l’étranger, et jusqu’à quel montant.
Démarches avant le départ
Avant de partir :
- en Europe, commandez la CEAM au moins 15 jours avant ;
- demandez à votre caisse s’il existe un formulaire pour votre pays (Québec, Andorre) ;
- pour un stage, vérifiez la gratification et la convention avec votre école ;
- lisez votre mutuelle, votre carte bancaire et votre responsabilité civile ;
- hors d’Europe, comparez la CFE et les assurances privées, et vérifiez ce qu’exige le visa.
La liste complète des papiers se trouve dans les formalités avant le départ.
Questions fréquentes
La CEAM suffit-elle pour un Erasmus ?
Pour les soins, oui, dans la plupart des cas. Elle ne paie ni le rapatriement ni les dégâts que vous causez. Pour ces deux risques, prévoyez une assistance et une responsabilité civile.
Je pars en stage rémunéré en Allemagne, suis-je couvert ?
Pour les soins, présentez la CEAM. Si votre gratification dépasse 4,50 € de l’heure en 2026 (661,50 € pour 147 heures), la France ne vous couvre plus pour les accidents du travail, et l’Allemagne peut vous affilier à sa sécurité sociale. Posez la question à l’entreprise avant de signer.
Combien de temps la CEAM est-elle valable ?
Deux ans au plus, sans dépasser la fin de vos droits à l’Assurance maladie. Si vous partez plus longtemps, vérifiez la date avant le départ et renouvelez-la depuis votre compte ameli.
Faut-il adhérer à la CFE pour étudier aux États-Unis ?
Rien ne vous y oblige. Votre université ou votre sponsor J-1 fixe le minimum à respecter. La CFE peut couvrir une partie des frais, mais vérifiez qu’elle remplit ces exigences avant de payer.
Sources
- Ameli : partir étudier à l’étranger
- Ameli : soins lors d’un séjour temporaire à l’étranger, CEAM
- Cleiss : stage dans l’UE, l’EEE ou en Suisse (janvier 2026)
- Cleiss : stage hors UE-EEE-Suisse et Québec
- CFE : offre JeunExpat
- Home Affairs (Australie) : assurance santé des titulaires de visa
- eCFR : 22 CFR 62.14, assurance des visiteurs J-1
- Study in the States (DHS) : finances et études aux États-Unis
- Canada.ca : se préparer à étudier au Canada


