Étudier au Japon : frais, visa, bourses MEXT et budget

Une année de licence à l’université de Tokyo coûte 642 960 yens en 2026, soit environ 3 630 €. C’est peu à côté des universités australiennes ou américaines. Le temps, en revanche, compte : entre la candidature, le certificat d’éligibilité et le visa, prévoyez un an. Les montants en euros de ce guide sont calculés au taux de référence de la Banque centrale européenne du 20 octobre 2026 (1 € = 177,34 yens).
Un semestre d’échange ou un diplôme complet
Pour un semestre ou une année, commencez par le service des relations internationales de votre université ou de votre école. Il a la liste des universités japonaises partenaires et le calendrier des candidatures, qui ferment souvent un an avant le départ. Dans un accord d’échange, vous restez en général inscrit dans votre établissement français : demandez-lui ce que vous payez et à qui.
Pour un diplôme complet, vous candidatez directement auprès de l’université japonaise. Deux voies existent. Les cursus en japonais demandent un niveau de langue avancé. Les cursus en anglais sont plus accessibles depuis la France : la School of International Liberal Studies (SILS) de l’université Waseda, à Tokyo, en fait partie.
Ce que coûtent les frais de scolarité
Les universités nationales sont les moins chères. À l’université de Tokyo, en 2026, un étudiant de licence paie des frais d’admission de 282 000 ¥ (environ 1 590 €), une seule fois, puis 642 960 ¥ par an (environ 3 630 €). Ce tarif vaut pour les étudiants entrés en 2025 ou après. En master, l’année coûte 535 800 ¥ (environ 3 020 €). Les boursiers du gouvernement japonais ne paient pas ces frais.
Les universités privées coûtent plus cher. Pour l’année 2026, Waseda affiche 1 490 000 ¥ par an pour la SILS (environ 8 400 €), plus 200 000 ¥ de frais d’admission (environ 1 130 €). S’y ajoutent chaque année des frais de bibliothèque, de laboratoire ou d’association, que l’université n’avait pas encore fixés en juillet 2025.
Les bourses MEXT et JASSO
La bourse du ministère japonais de l’Éducation (MEXT) paie les frais de scolarité et le billet d’avion aller-retour. Elle verse aussi une allocation mensuelle de 117 000 ¥ (environ 660 €) en licence et de 143 000 à 145 000 ¥ (environ 810 à 820 €) pour un étudiant-chercheur en master ou en doctorat, selon le portail officiel Study in Japan. En France, la candidature passe par l’ambassade du Japon. Pour la bourse « recherche », elle publie l’appel au printemps (avril 2026 pour un départ en 2027), puis organise un examen écrit et un entretien. Le ministère fait la sélection finale. La bourse « langue et civilisation japonaises », pour les étudiants de licence, a son propre calendrier, avec un appel en fin d’année.
L’organisme JASSO gère deux autres aides :
- l’aide aux échanges sous accord (Student Exchange Support Program), de 80 000 ¥ par mois (environ 450 €). C’est l’université japonaise qui la demande pour ses étudiants d’échange, pas vous. L’université de Yamagata l’annonçait encore en juin 2026 pour un programme d’octobre 2026 à août 2027 ;
- la bourse d’excellence pour étudiants autofinancés (Monbukagakusho Honors Scholarship), de 48 000 ¥ par mois (environ 270 €) pendant un an au plus, selon l’université APU pour l’année 2026. Elle se demande une fois inscrit, par l’intermédiaire de l’université.
Les autres pistes, régionales ou françaises, sont recensées dans notre page sur les bourses d’étude.
Le certificat d’éligibilité, puis le visa
Le visa étudiant japonais se demande en deux temps. D’abord le certificat d’éligibilité (Certificate of Eligibility, COE), délivré par l’immigration japonaise. Vous ne le demandez pas vous-même : l’université s’en charge, parfois par un cabinet juridique mandaté. Pour sa rentrée d’automne 2026, l’université Hitotsubashi prévenait que l’examen du dossier prend en général deux à trois mois. Le certificat arrive ensuite par e-mail, en version électronique.
Avec ce certificat, vous demandez le visa étudiant à l’ambassade ou dans un consulat du Japon en France. Un visa touristique ne permet pas de suivre des études longues : il faut le statut d’étudiant.
Travailler pendant les études : 28 heures par semaine
Le statut d’étudiant n’autorise pas à travailler. Il faut une autorisation d’exercer une activité hors statut, à demander à l’immigration. Une fois obtenue, elle permet de travailler 28 heures par semaine pendant les cours, et jusqu’à 8 heures par jour et 40 heures par semaine pendant les vacances fixées par l’université, d’après l’université d’Osaka.
Certains emplois restent interdits même avec l’autorisation : bars, clubs d’hôtesses, karaokés, salles de pachinko. Dépasser les heures expose à l’expulsion. Ne comptez pas sur ces revenus pour payer les frais de scolarité.
Budget mensuel et logement
D’après l’enquête 2023 de JASSO auprès des étudiants étrangers autofinancés, reprise par Study in Japan en 2026, un étudiant dépense en moyenne 105 000 ¥ par mois (environ 590 €), frais d’études non compris. Le loyer moyen s’élève à 41 000 ¥ (environ 230 €) dans tout le pays, mais à 57 000 ¥ à Tokyo (environ 320 €). L’enquête date de 2023 : gardez une marge.
Demandez une place en résidence universitaire dès l’admission. Pour bâtir votre budget complet, voyez combien coûtent des études à l’étranger. Pensez à la couverture santé (lisez notre guide de l’assurance santé) et à votre banque : ouvrir un compte à l’étranger se prépare avant le départ.
Japonais ou anglais
Pour un cursus en japonais, les universités demandent en général l’EJU, l’examen d’entrée destiné aux étudiants étrangers, et un bon score au JLPT, le test de japonais classé de N5 (débutant) à N1. Commencez le japonais au moins deux ans avant la candidature.
Pour un cursus en anglais ou un échange, l’université vous demandera un TOEFL ou un IELTS. Comparez les tests dans notre page test de langue. Même en anglais, quelques mois de japonais vous simplifieront la vie quotidienne.
Le PVT pour découvrir le pays d’abord
Le programme vacances-travail (PVT) Japon s’adresse aux 18-30 ans. Le quota est de 1 800 places par an, et le ministère des Affaires étrangères demande 3 100 € de ressources. Il sert à voyager et à travailler, pas à suivre un cursus universitaire, mais il permet de tester la vie sur place avant de s’engager pour trois ou quatre ans. Les démarches sont détaillées dans notre guide du PVT. Si vous visez une expérience professionnelle, lisez aussi comment trouver un stage au Japon.
Questions fréquentes
Peut-on étudier au Japon sans parler japonais ?
Oui, dans un cursus en anglais ou en échange avec des cours en anglais. Hors du campus, en revanche, tout se passe en japonais, du bail à la mairie d’arrondissement.
Combien faut-il prévoir par mois à Tokyo ?
L’enquête JASSO 2023 donne 105 000 ¥ par mois (environ 590 €) en moyenne pour tout le Japon, dont 57 000 ¥ de loyer à Tokyo. Ajoutez une marge, puis les frais de scolarité si vous n’êtes pas en échange.
Quand candidater à la bourse MEXT ?
Pour la bourse « recherche », au printemps de l’année qui précède le départ : l’appel d’avril 2026 concernait les départs de 2027. Surveillez le site de l’ambassade du Japon en France dès mars.
Pour comparer avec d’autres destinations d’Asie, lisez étudier en Chine et étudier à Singapour, ou revenez à la rubrique étudier à l’étranger.
Sources
- Université de Tokyo : frais d’admission et de scolarité 2026-2027
- Université Waseda : frais de scolarité des cursus en anglais, année 2026 (juillet 2025)
- Study in Japan (JASSO) : bourses du gouvernement japonais (MEXT)
- Ambassade du Japon en France : bourse d’études et de recherche, appel 2027
- Université de Yamagata : bourse JASSO pour l’échange 2026-2027 (juin 2026)
- Université APU : bourse JASSO Honors Scholarship, année 2026
- Université Hitotsubashi : demande de certificat d’éligibilité, automne 2026 (janvier 2026)
- Université d’Osaka : autorisation de travail à temps partiel
- Study in Japan (JASSO) : coût de la vie, enquête 2023
- Programme vacances-travail (PVT), diplomatie.gouv.fr, mis à jour le 16 octobre 2026
- Banque centrale européenne : taux de référence EUR/JPY du 20 octobre 2026


