Trouver un stage en Australie

L’Australie paie bien ses stagiaires, et c’est ce qui la distingue : le salaire minimum y dépasse 26 AUD de l’heure et la loi laisse peu de place aux stages gratuits. La contrepartie est le visa. Il n’existe pas de permis réservé aux étudiants étrangers en stage, comme au Canada. Pour un Français, le PVT est la voie la plus courte. L’autre est un visa de formation que l’entreprise doit parrainer. Ajoutez 8 à 10 heures de décalage horaire avec la France pour les entretiens.
Les montants en dollars australiens sont convertis au taux de la BCE du 20 octobre 2026 (1 € = 1,6056 AUD).
Visa et convention de stage
Deux visas servent en pratique.
Le PVT (Working Holiday, sous-classe 417) est la voie la plus simple pour un stage de 2 à 6 mois. Les Français y ont droit jusqu’à la veille de leurs 36 ans, sans quota. Depuis le 1er juillet 2026, il coûte 840 AUD (environ 523 €) pour un premier visa, et vous devez disposer d’au moins 5 000 AUD (environ 3 114 €). Le visa vous laisse travailler pour n’importe quel employeur, dans la limite de 6 mois chez le même. Un stage d’un semestre entre donc dans les règles. En revanche, vous consommez votre premier PVT : si vous comptiez en faire un plus tard pour voyager, le stage en prend la place. Notre page sur le PVT détaille la demande.
Le visa Training (sous-classe 407) sert aux formations en entreprise qui améliorent vos compétences dans votre domaine d’études ou votre métier. Il dure jusqu’à 2 ans. Il demande trois étapes : l’entreprise doit être agréée comme sponsor, puis vous désigner dans une « nomination », et ensuite seulement vous déposez la demande de visa. Une entreprise qui n’a jamais parrainé personne mettra du temps à suivre ce parcours : posez la question dès l’entretien. Le visa coûte 535 AUD (environ 333 €) pour le demandeur principal depuis le 1er juillet 2026. Il exige un anglais « fonctionnel » et une assurance santé pour tout le séjour. Home Affairs précise que tout travail fait avec ce visa doit être payé.
Le visa 408 (Temporary Activity) revient souvent dans les recherches. Son volet « Special program » vise des programmes d’échange culturel agréés par l’Australie, portés par un organisme qui a signé un accord avec Home Affairs. Il ne sert pas à un stage trouvé seul dans une entreprise.
Gardez votre convention tripartite française, quel que soit le visa. Elle compte pour votre diplôme, mais elle ne remplace aucun document australien. Voyez aussi notre page quel visa pour un stage en Australie.
Rémunération
Depuis le 1er juillet 2026, le salaire minimum national est de 26,44 AUD de l’heure (environ 16,47 €), soit 1 004,90 AUD par semaine. Les minima des conventions de branche (« awards ») ont augmenté de 4,75 % à la même date et sont souvent plus élevés.
Le Fair Work Act n’autorise un stage non payé que s’il s’agit d’un « vocational placement » : un stage exigé par un cursus et autorisé par une loi ou un dispositif public australien. Le texte ne dit pas si une convention signée par une école française remplit cette condition. Partez du principe qu’un stagiaire qui produit un vrai travail doit être payé, et refusez une offre gratuite qui ressemble à un emploi. Avec le visa 407, la question ne se pose pas : le stage doit être rémunéré.
Pour être payé, il vous faut un Tax File Number, demandé gratuitement à l’administration fiscale australienne (ATO). Ouvrez aussi un compte sur place : voyez notre page sur le compte bancaire à l’étranger.
Où chercher
- Seek est le grand site d’offres d’emploi australien. Tapez « internship » ou « graduate » et filtrez par ville.
- GradConnection recense les stages et programmes pour étudiants des grandes entreprises australiennes, par secteur.
- Indeed Australie et LinkedIn complètent, surtout pour les PME.
- La French-Australian Chamber of Commerce and Industry a un service de recrutement pour les candidats et accueille des VIE à Adélaïde, Melbourne et Sydney.
Visez les filiales de groupes français à Sydney et Melbourne, qui connaissent déjà les visas. Si vous êtes diplômé, le VIE évite toute la question du visa de stage.
Certaines annonces exigent « full working rights ». Un titulaire de PVT a le droit de travailler, mais pas plus de 6 mois chez le même employeur : dites-le dans votre lettre, avec vos dates exactes.
Candidature
Le « resume » australien se rapproche du CV anglais : pas de photo, pas de date de naissance, l’expérience d’abord. Partez de nos pages CV en anglais et exemple de CV anglais. Beaucoup d’employeurs demandent des « referees », des personnes qui confirment votre travail : prévenez deux anciens tuteurs de stage ou enseignants qu’ils peuvent être appelés.
Avec le décalage horaire, les entretiens en visio tombent souvent tôt le matin en France. Proposez vos créneaux en heure de Sydney pour éviter les erreurs.
Pensez aux saisons inversées. Un stage français d’avril à septembre tombe pendant l’automne et l’hiver austral. L’été, période des « summer internships » des grandes entreprises, va de décembre à février. Si votre école vous laisse le choix des dates, ce décalage peut jouer pour ou contre vous.
Financer le stage
Erasmus+ ne finance l’Australie qu’à la marge : le Guide du programme 2026 limite à 20 % de l’enveloppe d’un établissement les départs vers les pays non associés. Côté français :
- l’aide à la mobilité internationale (AMI) verse 400 € par mois aux boursiers sur critères sociaux, pour un stage de 2 à 9 mois, à l’université de Lille en 2026-2027. Lille la refuse si l’entreprise vous rémunère, ce qui sera presque toujours le cas en Australie : vérifiez la règle de votre établissement ;
- les régions financent aussi des stages lointains. La bourse Mermoz des Hauts-de-France va jusqu’à 335 € par mois pour 12 à 26 semaines. La Nouvelle-Aquitaine verse jusqu’à 100 € par semaine aux boursiers, 80 € aux autres.
Le billet reste la plus grosse dépense avant le départ. Sur place, le premier salaire arrive après quelques semaines : arrivez avec l’avance exigée par le PVT et réservez quelques nuits avant de chercher une colocation.
Questions fréquentes
Peut-on faire un stage non rémunéré avec un PVT ?
Rien dans le PVT ne l’interdit, mais le droit du travail australien le permet rarement. Hors « vocational placement » au sens du Fair Work Act, un stagiaire qui travaille pour l’entreprise doit toucher au moins le salaire minimum.
Le stage compte-t-il pour la deuxième année de PVT ?
Seulement s’il se déroule dans un secteur et une région désignés par l’Australie, comme l’agriculture en zone rurale. Un stage en bureau à Sydney ne compte pas.
Faut-il un visa étudiant ?
Non, sauf si vous êtes inscrit dans une université australienne : le stage fait alors partie de votre cursus là-bas. Voyez le visa étudiant en Australie.
Pour la suite, voyez la rubrique étudier en Australie, étudier à Melbourne et nos autres guides de stage à l’étranger.
Sources
- Department of Home Affairs, Training visa (subclass 407) (page mise à jour le 6 octobre 2026)
- Widen, tarifs du visa 407 au 1er juillet 2026, d’après les données de Home Affairs (relevé du 21 août 2026)
- Department of Home Affairs, Temporary Activity visa (408), volet Special program (page mise à jour le 12 octobre 2026)
- Department of Home Affairs, Working Holiday visa (subclass 417) (consulté en octobre 2026)
- pvtistes.net, hausse des frais du visa Working Holiday au 1er juillet 2026
- pvtistes.net, PVT Australie : conditions et fonds exigés (consulté en octobre 2026)
- Squire Patton Boggs, Annual Wage Review 2026 : salaire minimum national au 1er juillet 2026 (juin 2026)
- Fair Work Act 2009, définition du « vocational placement » (section 12) (version en vigueur, consultée en octobre 2026)
- French-Australian Chamber of Commerce and Industry, recrutement (consulté en octobre 2026)
- Université de Lille, financer sa mobilité de stage 2026-2027 (AMI et bourse Mermoz)
- Région Nouvelle-Aquitaine, aide aux stages à l’étranger post-bac (règlement applicable depuis 2025-2026)
- Commission européenne, Guide du programme Erasmus+ 2026 : mobilité des étudiants vers les pays non associés
- BCE, taux de change de référence du 20 octobre 2026 (1 € = 1,6056 AUD)


